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Code Noir et traite transatlantique au Sénégal

#Edito. Ce mercredi 20 mai, une proposition de loi visant à abroger formellement le « Code noir » sera examinée par les députés français. ⭐Qu’est ce que le « Code Noir » ? Le Code noir est un ensemble de lois instauré par le roi Louis XIV en 1685 pour organiser l’esclavage dans les colonies françaises. Il définit le statut des personnes esclavisées, considérées comme des biens appartenant aux maîtres. Le texte impose également des règles concernant la religion, le travail et les sanctions appliquées aux esclaves. Il visait à encadrer le système colonial et à renforcer l’autorité des propriétaires. Symbole de l’esclavage colonial, il reste aujourd’hui associé à une politique de domination et de déshumanisation. ⭐Des lois encore jamais officiellement abrogées Malgré l’abolition définitive de l’esclavage en 1848, le « Code noir » n’a jamais été officiellement abrogé. En France, la loi Taubira de 2001, reconnaît la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité, mais l’absence d’abrogation du Code noir laisse ce travail de mémoire inachevé. La proposition de loi du député de Guadeloupe Max Mathiasin comporte deux mesures : abroger officiellement le Code noir et demander au gouvernement français un rapport recensant les dispositions héritées du droit colonial entre 1685 et 1946, ainsi que leurs effets actuels sur les plans économique, social, culturel et environnemental dans les territoires concernés. ⭐Le Sénégal, important centre de traite Le prince de Joinville assistant à une danse dans l’île de Gorée, décembre 1842, peint par Édouard Auguste Nousveaux (château de Versailles). Le Sénégal a occupé une place importante dans l’histoire de la traite négrière atlantique, notamment à travers l’île de Gorée, mais aussi Saint-Louis, Saly et la Casamance. Entre 1660 et 1847, près de 460 navires négriers sont partis des côtes sénégalaises vers les Amériques. Si une majorité provenait de France (Nantes, Bordeaux, Saint-Malo, La Rochelle, etc.), d’autres battaient pavillon portugais, britannique ou espagnol. Cette histoire a profondément marqué la mémoire collective du pays et demeure aujourd’hui un sujet essentiel de transmission, de mémoire et de reconnaissance historique. Nous avons choisi de partager cette vidéo issue du site slavevoyages.org, qui propose un outil de recherche particulièrement complet sur la traite négrière et répertorie avec précision des milliers de routes liées à la traite transatlantique. Ci-dessous, un time-lapse des 460 navires partis du Sénégal vers les Amériques entre 1714 et 1847 (le site répertorie les liaisons depuis 1660). @ slavevoyages.org ⭐Cuba, Haïti, Guyane, USA comme destination finale Située au large de Dakar, l’île de Gorée est devenue, grâce à la Maison des Esclaves, l’un des principaux symboles de la mémoire de l’esclavage en Afrique de l’Ouest. Toutefois, Gorée n’était pas l’unique centre impliqué dans la traite négrière au Sénégal. Saint-Louis fut même, selon le site, le principal point de départ des esclaves, avec près de 68 490 personnes déportées, devant Saly, le Sine-Saloum et la Casamance. Les captifs étaient ensuite envoyés vers les colonies liées aux puissances maritimes organisant la traite. Les Britanniques dirigeaient majoritairement les esclaves vers la Virginie ou la Louisiane, tandis que les Français les déportaient vers Saint-Domingue, Haïti, la Guyane et les Antilles françaises. ⭐Devoir de mémoire Au Sénégal, le tourisme historique et mémoriel constitue l’un des piliers du patrimoine culturel du pays. Des lieux emblématiques comme l’île de Gorée (la maison des esclaves est le site le plus visité du Sénégal), marquée par la mémoire de l’esclavage, ou Saint-Louis, ancienne ville coloniale classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, attirent chaque année de nombreux visiteurs venus comprendre une partie essentielle de l’histoire africaine et mondiale. Parce que le tourisme est aussi lié à l’histoire et à la transmission, il est aussi important d’évoquer ces périodes douloureuses. Parler de la traite négrière et de la colonisation permet de préserver la mémoire, de ne jamais oublier les souffrances du passé et d’expliquer aux générations futures jusqu’où l’être humain a pu aller dans la négation de la dignité humaine. Comme le rappelait Joseph Ndiaye, ancien conservateur de la Maison des Esclaves de Gorée :« Gorée n’est pas un lieu pour pleurer, mais un lieu pour réfléchir. » Vous avez aimé l’article « Code Noir et traite transatlantique au Sénégal » Retrouvez plus de 400 articles dédiés au tourisme sur notre blog et inscrivez-vous à la Newsletter pour ne rien rater !