Dans cette interview, nous échangeons avec M. Bamby MANGA, secrétaire général de la
Fédération des Campements Villageois de Casamance (FECAV), afin de mieux comprendre l’histoire et les missions de la FECAV, mais aussi les enjeux actuels du tourisme dans la région et le bilan
de la saison touristique 2025-2026.
@Interview I LOVE SENEGAL de Bamby MANGA – secrétaire général de la FECAV
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots, puis nous expliquer le rôle de la FECAV et ses principales missions en Casamance ?
Je suis Bamby MANGA, secrétaire général de la Fédération des Campements Villageois de Casamance (FECAV). Je m’occupe des nombreuses activités de la FECAV, comme la promotion de ses services, la bonne gouvernance de la fédération, la réalisation des réunions du comité, la prise en charge du personnel des campements ainsi que les diverses démarches à l’adresse de l’État.
La FECAV est une structure basée au sud du Sénégal, en Casamance, qui a vu le jour dans les années 80. Sa fondation avait pour objectif de mieux organiser les campements villageois dans la promotion de leurs services et avantages apportés aux communautés locales. En 2013, la FECAV a fait officialiser ses statuts et règlements. Depuis, la promotion des campements villageois reste la mission principale.

Aujourd’hui, combien de campements ou de villages sont membres de la FECAV, et où se trouvent-ils ?
Dans le passé, les campements villageois étaient très nombreux. En raison des événements politiques antérieurs, certains campements ont dû fermer leurs portes. Aujourd’hui, il est possible d’en dénombrer un peu plus d’une douzaine faisant partie de la FECAV.
🔸Campement villageois Diamor Diamé, à Affiniam
🔸Campement villageois Case à impluvium d’Enampore
🔸Campement villageois Sitokoto, à Kafountine
🔸Campement villageois de Saloulou
🔸Campement villageois d’Elinkine
🔸Campement villageois Ankadji, à Coubalan
🔸Campement villageois Lambita, à Baïla
🔸Campement villageois Bithyan Tamba, à Coubanao
🔸Campement villageois Sibendoué, à Oussouye
🔸Campement villageois de Bandial
🔸Campement villageois de Finthiock
Nous avons également un campement villageois à la Pointe Saint-Georges qui est en voix de reconstruction !
Quels types d’expériences les voyageurs peuvent-ils y découvrir ?
Nous avons une grande offre d’activités traditionnelles ! Par exemple, il est possible d’assister à divers événements tels que le Boukoute, qui est rite d’initiation et de passage à l’âge adulte pour les jeunes hommes de 25-30 ans. Une tradition du peuple Diola qui a lieu à de multiples reprises, dont cette année à Carounate et Djivente.
Les cérémonies peuvent varier selon les ethnies et les saisons. Par exemple, dans le département d’Oussouye, il y a la danse traditionnelle Ekonkone. Durant l’hivernage, il y a aussi la danse du Kankourang de l’ethnie mandingue et bien d’autres ! L’expérience dans un campement villageois se résume principalement par la proximité entre le touriste et le villageois. Choisir ce type d’hébergements, c’est un peu comme passer la nuit chez l’habitant. C’est la possibilité de mieux découvrir la Casamance, à l’échelle locale, de profiter de balades en pirogue, de visiter les bolongs et même de découvrir ses routes (cahoteuses) en voiture !

Les populations locales semblent être au cœur du projet. Comment les habitants participent-ils concrètement à la gestion et à la vie des campements ?
Les campements sont construits pour aider le village et mobiliser la jeunesse. Tous les bénéfices sont réinvestis dans le village dans le cadre de construction d’écoles, d’hôpitaux, de dispensaires, de jardins pour les femmes, etc.
Le village doit être directement construit par les villageois pour être reconnu au niveau de l’État, comme étant un campement villageois. Toutes actions de réparation ou de nettoyage sont réalisées de manière bénévole. Par exemple, à la fin de l’hivernage, les jeunes sont encouragés à venir aider au nettoyage des lieux. De plus, certains villageois peuvent présenter différentes danses culturelles traditionnelles.
À la fin de chaque mois, il y a aussi un comité de gestion, formé de villageois, qui réalise les états financiers et qui s’occupe du règlement du personnel sur place ainsi qu’à la redistribution des bénéfices au village.
Nos interviews
▪️Sonia Kurek, Directrice commerciale Air Transat / Enjeux du vol Montréal – Dakar
▪️Abdoulaye Diedhiou, directeur du média Itourisme TV
▪️Abdou Ka, fondateur de l’agence digitale JC Agence
▪️Fatou Kine Dieng, directrice commerciale et marketing de l’hôtel Four Point by Sheraton
▪️Quand la diaspora rayonne. Peinda de Babelle accueil, Mohamed de la plateforme Ataya et Ludo de GMS Transport
Selon vous, quels sont les principaux atouts touristiques de la Casamance pour les visiteurs locaux et internationaux ?
Pour les visiteurs internationaux, la Casamance représente une nouvelle façon de visiter. Quand on va dans le village, on ressent la tradition. La végétation luxuriante, la mangrove, les gros fromagers, l’architecture des campements, le folklore, les animaux, ce sont tous des éléments qui attirent !
Pour les Sénégalais, c’est aussi découvrir, car c’est très différent du nord du pays. Le climat, les cours d’eau sont très différents. Certains n’ont jamais vu de poisson dans le bolong ou encore, ils n’ont jamais vu l’arbre qui donne le fruit du maad. En venant ici, ils découvrent l’origine des fruits qu’ils consomment, mais également une riche culture traditionnelle. Pour tous visiteurs, locaux ou internationaux, en logeant dans un campement villageois, ils aident au développement de l’économie locale. En payant une seule nuitée, ils aident le village en entier.

Quel bilan tirez-vous de la saison touristique 2025-2026 en Casamance ? La fréquentation a-t-elle été satisfaisante dans vos campements ?
Globalement, la saison touristique de 2025-2026 a été satisfaisante, puisque certains campements ont eu plusieurs touristes qui restaient pour des durées variant entre 3 à 4 jours.
Cependant, ce n’est pas le cas de tous les campements. En vérité, environ la moitié des campements fonctionne bien et l’autre moitié fait face à un peu plus de difficulté pour attirer des visiteurs. Nous sommes en train de travailler avec l’État et la population pour faire en sorte que nos destinations touristiques soient plus intéressantes.
Quels ont été les principaux défis rencontrés cette saison, aussi bien pour les campements que pour les acteurs du tourisme local ?
L’un des principaux défis est lié à l’accessibilité, tant au niveau du transport aérien, fluvial que routier. Les infrastructures routières sont particulièrement problématiques, puisque les routes ne sont pas bonnes sur les principaux axes. Cela affecte particulièrement les campements qui sont situés dans des zones excentrées.
De plus, il y a de moins en moins d’acteurs locaux du tourisme qui participent à des salons internationaux pour la promotion de la Casamance, ce qui diminue la visibilité de la région.

Quels sont les projets ou ambitions de la Fédération pour les prochaines années ?
Pour les prochaines années, nous souhaitons développer de nouveaux partenariats et renforcer ceux existants. Nous actuellement sommes affiliés au Collectif des Acteurs du Tourisme du Sénégal (CATS), basé à Dakar, qui nous aide à la promotion. Au niveau local, nous sommes aussi membres de l’Office du tourisme ainsi que du Cluster du tourisme de Ziguinchor. Et nous sommes aussi en démarchage avec d’autres partenaires clés.
De plus, nous avons également plusieurs projets de réhabilitation pour les campements. Nous souhaitons rendre plus modernes le mobilier, les infrastructures et les aspects liés à la sécurité. Par exemple, le campement villageois de la Pointe Saint-Georges est actuellement en travaux pour améliorer les installations.
En parallèle, nous travaillons ardemment pour augmenter notre visibilité. Je tiens à remercier nos partenaires, l’ONG Agir Autrement pour le Développement de l’Afrique (AGADA), qui nous appuie grandement à travers l’ONG québécoise, Village Monde, pour tout ce qui touche aux réseaux sociaux et à la mise en place d’un site web. La FECAV se réjouit de la prestation de Jana Plourde, représentante de Village Monde au sein de AGADA, qui a sillonné tous les campements villageois. Elle a su apporter conseils et suggestions pour l’amélioration de l’accueil, l’attraction et la visibilité de nos campements à travers les réseaux sociaux.
L’objectif principal de la FECAV, c’est vraiment d’augmenter le nombre de touristes pour tous nos campements !
Comment réserver un campement de la FECAV et quel message aimeriez-vous adresser aux voyageurs qui hésitent encore à découvrir la Casamance ?
Je vous conseille de réserver par nos réseaux sociaux ou encore via notre adresse courriel (admin.fecav@gmail.com). Si vous avez déjà en main le numéro du gérant, il est possible de le contacter directement.
Mon unique message pour nos futurs visiteurs en Casamance serait : Découvrir les campements villageois, c’est découvrir le Sénégal en profondeur. Tout ce que vous pouvez imaginer, que ce soit la faune et la flore, l’architecture ou encore l’incroyable hospitalité des gens, vous le retrouverez en Casamance !
Les contacts :
- Par téléphone et WhatsApp : (+221) 777762522
- Par email : contact@jc-agence.com
- Sur notre site internet : www.jc-agence.com
- Sur nos réseaux sociaux
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Fin de l’interview
Nous remercions Monsieur Bamby MANGA et ses collaborateurs, pour leur disponibilité et leur participation à cette interview et invitons nos lecteurs à découvrir les campements de la FECAV.
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Interview d’Abdou Ka – Fondateur de l’agence digitale JC Agence- Tous droits réservés I LOVE SENEGAL
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