
Le visa au Sénégal pour relancer l’économie touristique ? Pourrait-il être une source de financement pour le secteur ? Notre édito dans cet article.
Le tourisme a longtemps été un moteur essentiel de l’économie du Sénégal. Pourtant, dans un contexte économique tendu et avec une dette importante, les mesures pour dynamiser le secteur touristique auront un coût ! Parmi les leviers possibles et évoqués en 2025 par le Premier Ministre, la politique d’un visa électronique payant de réciprocité.
📉 Un contexte économique sous pression

Le monde connaît actuellement une situation économique difficile, y compris dans le secteur touristique, accentuée par la crise du pétrole. Le Sénégal n’y échappe pas, et les finances du pays ne sont pas au beau fixe. Le Premier ministre Ousmane Sonko a récemment dressé un constat sans détour, évoquant une « situation difficile » du pays, causée notamment par « une dette exponentielle dont nous avons hérité ».

Dans ce contexte, chaque secteur économique est appelé à réfléchir à son budget et au financement des mesures envisagées. La cérémonie de lancement des États généraux du tourisme, qui s’est tenue hier à Dakar, ouvre une large consultation nationale des acteurs du secteur à travers tout le pays. À l’issue de ces travaux, Amadou Ba, ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, souhaite définir des mesures concrètes, applicables et mesurables. Il conviendra donc de fixer les priorités, mais aussi et surtout, de mobiliser les financements nécessaires à leur mise en œuvre.
💰 Le visa comme levier de financement ?
La question du visa de réciprocité, approuvée par une majorité de Sénégalais et mesure souhaitée par le Premier ministre Ousmane Sonko, peut-elle refaire surface ? S’il est vrai qu’aucune date n’a été annoncée depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye, le Premier ministre avait indiqué en 2025 que la mise en place d’un visa électronique pourrait rapporter à l’État près de 4,6 milliards de francs CFA. Rappelons que le budget 2026 du Ministère, incluant les trois secteurs est de 28 milliards de francs CFA.
💬 « Sur les frais de visa électronique, que nous avons décidé d’appliquer pour l’entrée sur le territoire national aux pays hors d’Afrique et africains qui nous appliquent des visas, nous nous projetons à 60 milliards de francs CFA de revenus. » rappelait Ousmane Sonko en 2025.
Ces revenus pourraient êtres utilisés pour le développement des infrastructure touristiques, la modernisation des sites, la formation des professionnels, la promotion internationale ou le financement de liaisons aériennes par exemple. Ainsi, le visa ne serait plus seulement une barrière ou un filtre, mais aussi un outil de financement du développement touristique.

⚖️ Un équilibre à trouver
Toutefois, la mise en place d’un visa de réciprocité soulève plusieurs questions : quand sera-t-il mis en place ? À quel prix ? Comment concilier attractivité touristique et génération de revenus ? Un visa trop coûteux ou contraignant pourrait freiner les arrivées, surtout face à la concurrence de destinations africaines plus accessibles et moins onéreuses. Le calendrier sera également déterminant : faudra-t-il profiter des Jeux olympiques de la jeunesse 2026 prévus en octobre prochain, ou attendre les saisons touristiques suivantes ?
✅L’utilisation concrète et utile des revenus générés vers les axes prioritaires
✅La simplification des procédures avec un E-visa simple, rapide à obtenir et avec un coût relativement optimisé pour ne pas freiner les arrivées, à contrario du précédent visa mis en place en 2014 et rapidement stoppé.
⭐Qui serait concerné ?
Les ressortissants des pays appliquant un Visa au Sénégalais, dont de nombreux pays d’Europe devront en cas de mise en place s’acquitter d’un paiement obligatoire pour obtenir leur visa. France, Espagne, Italie, Belgique, Canada…plusieurs pays du globe sont concernés. Quelques pays africains relèvent également de cette réciprocité (Algérie, Egypte, Libye, Angola…). Certains professionnels optent pour un E-visa en ligne ou à l’aéroport avec un coût autour de 30 000 francs CFA (50 euros) par visiteur. Le gouvernement n’a cependant pas donné de fourchette de prix précise.

Le nouveau Ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme Amadou Ba ne s’est pas encore exprimé sur la question du visa. Si aucune échéance n’est, à ce jour, annoncée quant à sa mise en place, il est tout à fait légitime, dans le contexte économique actuel, de s’interroger sur cette éventualité et c’est ce que nous faisons à travers cet article. Qu’en pensez-vous?
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